L’avènement des véhicules autonomes dans les transports en commun

Le secteur des transports individuels et collectifs se prépare à vivre une révolution historique avec l’arrivée des véhicules autonomes. Notre conception des transports ainsi que notre rapport à ces derniers devraient en être considérablement modifiés.

Selon leur niveau d’autonomie [1], ces véhicules seront capables de circuler, partiellement ou complètement, sans l’intervention d’un conducteur. Et ce, grâce à plusieurs technologies de capteurs et d’intelligence artificielles leur permettant de communiquer avec l’environnement, de fusionner les informations obtenues pour les analyser et de décider par la suite des actions à mettre en œuvre (avancer, freiner, se garer tout seul, etc.).

Les progrès réalisés en matière de véhicules autonomes ne cessent de s’accélérer et il ne fait désormais plus grand doute que ce type de véhicule sera amené à se généraliser dans un avenir proche. Selon « Institute of Electrical and Electronics Engineers » d’ici 2040, 75% des voitures circulant sur le territoire des États-Unis seront des véhicules autonomes.

Les projets de véhicules autonomes à l’international

Conscients de la rapidité de développements des technologies de véhicules autonomes, les industriels ainsi que les compagnies de transport collectif mènent de plus en plus des expérimentations pour tester ces véhicules pour des usages différents variant entre les taxis, les navettes ou même les bus autonomes. On peut citer les exemples suivants :

  • Aux Etats Unis, Uber et Waymo (filiale de google) entreprennent depuis 2016 des essais de voitures autonomes dans l’Arizona.
  • En Allemagne, le projet « BUDD-e » lancé par Volkswagen en 2016 pour le développement du Minibus autonome. Ce projet a pour but de commercialiser à partir de 2022 un véhicule autonome et 100 % électrique destiné essentiellement au covoiturage. Mercedes-Benz a aussi développé un prototype fonctionnel de bus semi-autonome doté de la technologie CityPilot.
  • A Singapour, l’université de technologie de Nanyang mène, depuis 2016, en collaboration avec Volvo un programme de mise en circulation d’un bus électrique autonome de 12 mètres de long. Des démonstrations sont effectuées sur un parcours en site propre de 1,5 km dans le site de l’université.
  • En Chine (Shenzhen), un projet de bus intelligents a été initié par le centre national des systèmes de transports intelligents d’ingénierie et de technologie et le Shenzhen Bus Group. En décembre 2017, une démonstration de 4 bus a été effectuée sur une voie publique. Les essais se sont déroulés sur un parcours de 1,2 Km avec une vitesse de 10 à 30 km/h. La conduite autonome de ces bus reste limitée et nécessite la présence d’un conducteur assis derrière le volant, prêt à reprendre le contrôle en cas d’urgence.

Et en France, quels projets ?

Sur le territoire national, pour s’adapter à ces nouveaux challenges et ne pas se faire dépasser par la concurrence internationale, la France mène, depuis 2016, plusieurs expérimentations pour tester les véhicules autonomes en circulation urbaine :

  • A Paris, le groupe RATP a réalisé différents projets dans ce sens : le garage intelligent dans le centre de Lagny, les navettes autonomes au CEA Paris-Saclay et à Vincennes, et bientôt des démonstrations de bus autonomes.

Garage intelligent – le bus de la RATP qui se gare tout seul

La Navette autonome d’EasyMile opérée par la RATP à Vincennes

 

  • Keolis, en collaboration avec Navya, a mené plusieurs démonstrations de navettes autonomes à Lyon, à la défense et sur la plateforme de Roissy pôle dans la région parisienne.  Leur dernier projet, l’Autonomous cab, un taxi totalement autonome sera mis en test à Paris dans un avenir proche.

La navette autonome de Navya opérée par Keolis à la Défense

Le taxi autonome de Navya. Photo prise lors du salon 2018 des transports publics à Paris

 

  • Transdev en partenariat avec Lohr, entreprend des démonstrations de navettes électriques complètement autonomes depuis avril 2016. Transdev opère le premier contrat commercial au monde avec un total de 6 navettes autonomes en circulation sur la centrale nucléaire EDF de Civaux.
  • En collaboration avec Renault, Transdev a lancé en juin un service expérimental de navettes autonomes circulant à la demande sur les routes de Rouen.

Pour les opérateurs de transport public, l’insertion de ce type de véhicules autonomes (taxi, navettes et bus) dans les flux de transport conventionnels devrait permettre :

  • L’accès au transport à un plus large panel d’usagers (L’exemple de GoogleCar qui permet aux personnes malvoyantes de tester le déplacement en voiture autonome)
  • La réduction de l’impact environnemental
  • La personnalisation des trajets
  • L’augmentation de la qualité de service
  • La réduction des coûts d’exploitation
  • L’optimisation des temps de transport
  • La diminution du nombre d’accidents

Cependant, malgré les multiples expérimentations qui fleurissent à l’échelle mondiale, la mise en exploitation publique des véhicules autonomes nécessite de faire face à plusieurs enjeux liés principalement à la réglementation, la cybersécurité, l’infrastructure et le côté sociétal.

Widad, Consultante

***

[1] – Les niveaux d’autonomie des véhicules autonomes varient de 0 à 5. Le 5 étant le niveau 100% autonome

Références :

La voiture autonome. LegiPermis. Mai 2017
Véhicules autonomes : où en est-on ? Le Parisien. Février 2018
NTU and Volvo Buses to develop electric, driverless buses by 2019. Straitstimes . Janvier 2018
Transdev et Lohr vont développer des véhicules partagés 100% autonomes. Lohr. Aout 2017.


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