Finaxy : l’ambition d’un « collectif d’experts » du courtage dopé à l’IA et à la croissance externe

Paul-Eric LACOURTE, Directeur Fusions Acquisitions, Directeur du pilotage des Projets Stratégiques et Membre du Comité Exécutif de Finaxy

Paul-Eric LACOURTE

M&A and Strategy Director de Finaxy

Laurent SAGLIETTO - Artimon

Laurent SAGLIETTO

Associé Financial Services

Dans ce nouveau numéro de notre série Leaders by Artimon consacrée aux acteurs qui transforment les services financiers, Laurent SAGLIETTO s’est entretenu avec Paul-Eric LACOURTE. Passé par l’audit et la banque, il est aujourd’hui Directeur Fusions Acquisitions, Directeur du pilotage des Projets Stratégiques et Membre du Comité Exécutif de Finaxy. Ensemble, ils décryptent comment ce « collectif d’expertises » bouscule les codes du courtage traditionnel en alliant une proximité entrepreneuriale forte et une maîtrise technologique de pointe, notamment autour de l’intelligence artificielle.

ZOOM SUR :

Créé en 2009 par Erick Berville et dirigé aujourd’hui par Philippe Guetta, Finaxy s’est imposé en moins de 20 ans comme le 10ème courtier en assurances français. Avec un chiffre d’affaires approchant les 100 millions d’euros et plus de 800 millions d’euros de primes intermédiées, le groupe s’appuie sur un réseau de 14 implantations régionales et plus de 420 collaborateurs. Son activité se structure autour de trois pôles majeurs :

  • Le pôle « Entreprises et Institutions » accompagne les ETI, PME, TPE ainsi que les institutions dans la protection de leurs activités, de leurs collaborateurs et dirigeants, ainsi que de leurs actifs. Cette expertise couvre notamment les risques IARD, les Assurances de personnes, ainsi que les solutions d’assurance-crédit, de caution et d’affacturage.
  • Le pôle « Affinitaire et Partenariats » conçoit et distribue des solutions d’assurance intégrées, proposées en complément de produits ou services principaux. Le groupe occupe notamment une position de leader en France sur le marché du voyage via sa filiale Xplorassur, et intervient également dans des secteurs tels que les prothèses auditives ou le multimédia. En parallèle, Finaxy développe des partenariats avec des acteurs de l’assurance et de la banque afin de les accompagner dans l’enrichissement de leurs offres de services.
  • Le pôle « Clientèle Privée » s’adresse à une clientèle patrimoniale exigeante au travers d’expertises de niche couvrant notamment les véhicules de prestige et de collection, l’univers équin, la plaisance et le maritime, les belles demeures, les forêts et étangs ou encore les œuvres d’art.

Mon parcours est en effet structuré autour de la finance transactionnelle et de l’assurance. Diplômé d’une école d’ingénieur et d’un master à l’ESCP, j’ai passé 15 ans chez EY où j’ai débuté par le commissariat aux comptes pour ensuite participer à la création de l’équipe Transaction Services dédiée au secteur financier. J’y ai accompagné des fonds de private equity, des assureurs, des mutuelles et des courtiers lors de rapprochements, cessions, acquisitions ou réorganisations. J’ai ensuite rejoint La Banque Postale pendant 5 ans comme Directeur Adjoint M&A en charge du pôle Assurance. J’y ai piloté des dossiers structurants comme l’OPA sur CNP Assurances et la réorganisation du pôle assurance non-vie. J’ai aussi eu un pied dans la Fintech via le suivi de My French Bank.

Je suis arrivé chez Finaxy début février 2025, quelques semaines après l’entrée au capital du fonds Cinven, afin de structurer notre approche en matière de croissance externe et d’intégration des nouvelles entités, ainsi que pour piloter les projets stratégiques transverses aux différents pôles du Groupe.

Crédit : Finaxy

Nous avons 17 ans aujourd’hui. Finaxy a la force d’un acteur de référence pour défendre au mieux les intérêts de ses clients, tout en conservant l’agilité et la proximité d’une structure à taille humaine. C’est précisément ce positionnement qui fait notre singularité sur le marché.

Finaxy s’est historiquement construit en combinant de manière équilibrée croissance organique et croissance externe, notamment via l’intégration d’entrepreneurs locaux. Ce qui nous distingue, c’est notre ADN entrepreneurial et une organisation agile qui nous permettent de nous adapter rapidement aux besoins de nos clients. Notre hiérarchie très plate nous offre une vraie capacité à décider vite, à agir rapidement et à proposer un accompagnement sur mesure, notamment sur des enjeux devenus incontournables comme les risques cyber, climatiques ou internationaux.

Contrairement à certains courtiers très centralisés, nous sommes également ancrés dans les territoires, en complémentarité d’une présence parisienne, avec aujourd’hui plus de 14 implantations en France : de Tours à Nevers, de Lyon à Toulouse, en passant par Laval, Cannes et Monaco. Nous ne sommes pas éloignés des problématiques des entreprises que nous accompagnons. Nous intégrons des entrepreneurs locaux qui conservent leur culture de proximité tout en bénéficiant de la puissance de feu du groupe et d’un collectif d’experts au service des clients.

Nous sommes également implantés en Espagne et en Amérique du Sud depuis deux ans, où Finaxy a fait l’acquisition d’une structure nous permettant de bénéficier d’un réseau international présent dans plus de 50 pays et d’accompagner nos clients dans leur développement à l’international.

Aujourd’hui, nous utilisons l’IA avant tout pour accélérer notre trajectoire Data. Notre approche est pragmatique : chaque euro investi doit générer un ROI calculable. Nous avons recruté un Chief Data Officer en 2025 et formé l’ensemble du Comex aux LLM autour de cas d’usages concrets. Notre méthode est itérative : nous lançons des POC (Proof of Concept) d’un à deux mois. Si l’objectif de valeur est atteint, on industrialise rapidement. À ce jour, nous avons déjà une dizaine de cas d’usage industrialisés et nous visons une vingtaine pour 2027.

Crédit : Finaxy

Le premier exemple est le renforcement de notre data. Pour rappel, Finaxy s’est construit en partie par acquisitions, ce qui veut dire que nous héritions d’une multitude de systèmes métiers et commerciaux et des bases de données parfois hétérogènes. D’un point de vue de suivi d’activité pointu et en temps réel, de reportings décisionnels et de pilotage stratégique du groupe, nous avions un impératif, sur certaines activités, d’unifier, structurer et traiter de la data en haut volume et à la transformer rapidement pour l’exploiter. Nous avons donc fait un choix technologique pragmatique en se faisant aider par les derniers modèles d’IA et à coût maitrisé. Par exemple au sein de notre datahub Snowflake nous avons ingéré un très grand nombre de contrats, puis avons créé un agent qui a orchestré deux LLM pour extraire et structurer les données dont nos équipes ont besoin.

Le second exemple concerne le pilotage commercial. Sur l’une de nos activités, nous avions un outil de suivi manquant d’agilité et ne nous permettant pas de créer et suivre nos KPI commerciaux de manière fluide et rapide. Les données commerciales existent, mais leur exploitation et leur restitution est largement perfectible. Nous avons fait le choix du vibe coding plutôt que de lancer un lourd chantier coûteux. Cela nous a permis de créer un nouvel outil de pilotage commercial en quelques semaines seulement avec une UX très appréciée et totalement adaptée à notre utilisation propre. Le gain de temps et l’expérience utilisateur ont été significativement améliorés grâce à l’IA. Cet outil permet aujourd’hui à nos commerciaux de mettre à jour et suivre leurs KPI en temps réel sur smartphone ou tablette, de manière totalement sécurisée et autonome. Notre datahub nous permet d’automatiser et de restituer au manager en temps réel les reportings commerciaux internes de pilotage en français et en anglais.

Elles ne sont pas une menace, mais un aiguillon bénéfique. Les Insurtech disruptent les idées et les usages, notamment sur le self-care, mais elles peinent à être rentables et à véritablement disrupter le cœur du marché. L’assurance reste un métier très réglementé et local, ce qui rend le modèle « scalable » mondialement (à la Revolut) beaucoup plus difficile que dans la banque.

Pour moi, le marché va se scinder en deux : des usines à assurance ultra-digitalisées pour le volume, et des experts à forte valeur ajoutée pour le conseil. Finaxy choisit clairement le camp de l’expertise. L’IA ne remplacera pas le courtier : elle va renforcer l’expert pour lui permettre d’apporter un accompagnement hybride et spécialisé que la technologie seule ne pourra jamais offrir.


Artimon accompagne les acteurs du secteur financier dans leurs projets de transformation (refonte des modèles organisationnels, efficacité opérationnelle, amélioration de l’expérience client et pilotage de programmes digitaux et IA).

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