La vulnérabilité des infrastructures énergétiques
Le changement climatique fragilise les infrastructures énergétiques françaises par quatre canaux : baisse de rendement des installations de génération (éolien, soleil, eau, thermique), réduction de la capacité de transport des réseaux, imprévisibilité croissante de l’approvisionnement, et dégradation accélérée du matériel lors d’événements extrêmes. L’analyse montre qu’aucune filière n’est épargnée, et que le vrai risque n’est pas seulement l’ampleur des impacts, mais l’incertitude qui les entoure : elle peut conduire à sous-équiper, sur-équiper ou mal cibler les infrastructures. Or, mal calibrer une adaptation, peut être très couteux.
Face à ces risques, notre rapport recense des leviers d’adaptation déjà à l’œuvre sur le territoire français : l’innovation technologique, les nouvelles constructions, l’importation, la gestion intelligente des réseaux, la protection physique des sites et l’adaptation de la réglementation. Mais ces leviers restent déployés de façon fragmentée. L’enjeu des prochaines années est de les combiner et coopérer sur la base d’une vision territoriale large. Dans ce cadre, nous proposons une lecture croisée des risques et des solutions ; un cadre de réflexion et de décision face aux besoins d’adaptation.
En 2022, les Français ont utilisé environ 450 TWh d’électricité, soit assez pour faire tourner une machine à laver 505 milliards de fois, ou encore pour que chaque Français fasse fonctionner sa climatisation en continu pendant 123 jours (RTE France). Cependant, le changement climatique risque d’impacter le fonctionnement des infrastructures énergétiques et donc l’approvisionnement en électricité. Le changement climatique constitue l’une des neuf limites planétaires et compte parmi celles qui auront les effets les plus importants sur les infrastructures énergétiques. Les autres limites planétaires, notamment l’érosion de la biodiversité, peuvent avoir des effets néfastes sur l’intégrité des infrastructures énergétiques. Cet article se concentrera sur l’adaptation des infrastructures énergétiques face aux risques du changement climatique.
Comme soutenu dans les différents rapports du GIEC et de l’IEA, comprendre ces risques est nécessaire pour une meilleure adaptation des infrastructures aux aléas et à l’accroissement des incertitudes environnementaux. L’article vise à présenter ces risques ainsi que des voies d’adaptations. Dans un premier temps, nous allons nous pencher sur la typologie des risques climatiques liés aux infrastructures énergétiques, en nous concentrant sur la réduction du taux de charge des installations, la diminution de la capacité maximale des réseaux, la variabilité de l’approvisionnement énergétique et la dégradation lors de phénomènes climatiques. Dans un second temps, nous présenterons les voies de solutions potentielles : l’innovation, la création, l’importation, la gestion, la protection et la réglementation. Enfin, nous discuterons de ces limites et nous esquisserons des potentialités futures, en insistant sur la priorité à donner à l’adaptation dans les stratégies de gestion des réseaux énergétiques…
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